Publié dans Environnement, Réflexions

La culpabilisation écologique

Hello !

Je viens aujourd’hui vous parler d’un sujet un peu moins léger peut-être que celui des cosmétiques. L’écologie actuellement peut-être un débat assez problématique dans le sens où il suscite des réactions variées, de la peur, un refus de la réalité de la part de beaucoup, ou encore quelque chose d’un peu abstrait (« un problème pour les gens qui n’ont pas de vrais problèmes » par exemple). C’est un sujet très vaste et j’espère réussir à être concise dans cet article pour vous faire comprendre le fond de ma pensée.

Mon background écologique


Pour vous donner une idée de mon background écologique, j’ai été comme tout le monde « victime » de notre monde consumériste, j’avais un mode de vie « normal » j’allais faire les magasins avec mes copines dans les grandes enseignes, je mangeais mal, industriel, bref je suivais un peu le mouvement quoi. Mais dans ce scénario j’ai tout de même eu la chance d’avoir une mère sensibilisée à la cause écologique depuis que je suis petite, qui nous a très vite refusé le macdo, la nourriture industrielle ect. J’ai d’abord fait un rejet de ce mode de vie qu’elle essayait de m’imposer (et je pense que c’est normal au collège/lycée de se faire influencer par ce qui est « à la mode ») mais depuis 2 ans j’ai décidé de la suivre dans ce changement et j’ai été heureuse de constater que j’en savais déjà beaucoup grâce à elle.

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Ma transition et ma « bulle » actuelle

Ma « transition » si je puis dire vers un mode de vie plus responsable s’est enclenché avec mon passage au naturel du point de vue des cosmétiques et le reste a suivi. J’ai donc commencé à en parler autour de moi, et ce fut pour beaucoup une forme d’inspiration dans le sens ou ça leur a donné envie de changer également. Il faut aussi prendre en compte que j’ai la chance d’avoir une meilleure amie et un amoureux qui sont également très conscients de ces problématiques. Pour elle ce fut assez évident comme changement au vu de ces convictions depuis toujours et de son domaine d’études. Pour mon copain ça l’était moins, j’ai dû le convaincre sur des choix de consommation, et même s’il fait des choix parfois plus pour « me faire plaisir » que par conviction, je pense que ce qui compte c’est le résultat. Attention ici je ne me positionne pas en modèle d’inspiration ultime car ils sont eux même une source quotidienne d’inspiration pour moi (mon copain qui adore cuisiner facilite ainsi pour nous deux une alimentation exclusivement végétarienne voir végétalienne, et ma meilleure amie avec son mode de consommation très minimaliste et ses connaissances approfondies sur divers sujets qui touchent à l’écologie). L’idée que je veux souligner ici est que je suis entourée de personnes qui ont le même mode de vie que moi et qui ont conscience de l’urgence donc je suis quelque peu dans une « bulle » qui fait que j’oublie parfois le reste du monde qui n’est ni conscientisé, ni en phase avec ce changement.

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L’interaction avec les personnes non conscientisées

Elle se veut difficile par moment je ne vous le cache pas. J’essaye d’être au maximum dans la bienveillance et dans la discussion pour ne pas provoquer une réaction dite de « braquage » en face. J’essaye de ne pas être dans la culpabilisation, j’essaye seulement d’amener le débat car je considère que c’est en abordant le sujet et en plantant des petites graines que le changement peut s’opérer. Les personnes non conscientisées sont tout autant dans une bulle qui fait que le sujet est rarement abordé dans leur cercle d’amis/famille, il est parfois seulement véhiculé par les médias de manière maladroite ou bien superficielle. Je comprends donc tout à fait le refus de ces personnes vis-à-vis de ces problématiques (j’ai moi-même été cette personne) car elles n’ont souvent pas les outils en main pour les comprendre et personne ne leur met à disposition ces derniers. Moi la première j’ai dû me renseigner en quantité conséquente avant de me « permettre » d’en parler puisque j’ai du mal à débattre d’un sujet que je ne connais pas en profondeur (j’essaye de ne pas me positionner de manière catégorique si je ne connais pas suffisamment le sujet, si je sens que les connaissances me manquent, je le dis et j’émet un avis mesuré, sous réserve de me renseigner sur le sujet en question). Ici il semble évident qu’en face si la personne est curieuse et ouverte d’esprit, la « transmission » d’informations sera plus facile, libre à elle ensuite d’aller les vérifier, ça aura au moins permit que la personne s’y intéresse ! Et là est le but de l’urgence climatique, il faut que tout le monde en prenne conscience pour qu’un changement à l’échelle globale puisse s’opérer.

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Le rappel de notre « incohérence »

J’arrive enfin au cœur du problème que je veux aborder dans cet article. En se positionnant en personne consciente des problématiques, les personnes non conscientisés (parfois) attendent de nous une perfection et un mode de vie en TOTALE adéquation avec notre discours. Je ne suis pas d’accord avec cette réponse car :

  1. Ce n’est pas possible, soyons réaliste.
  2. Ça déplace le problème, on change de sujet, ce n’est pas le but de la discussion.

Donc premièrement la réaction adéquate (que je n’ai pas toujours malheureusement) est de ne pas répondre à ce genre de réflexions et de revenir au sujet principal. Si vous parlez de la problématique de la viande (du fait que vous être végétarien pour X raisons) le fait que vous prenez l’avion à côté de temps à autre n’a PAS selon moi à interagir avec le sujet du débat car il ne sert qu’à décrédibiliser votre discours et votre position (et sert aussi selon moi à NIER l’évidence en déplaçant l’attention) Je prends ici l’exemple de l’avion car c’est celui qu’on me reproche le plus souvent. C’est un peu comme un château de carte qui s’écroule, tu auras beau monter les échelons avec tes bonnes habitudes, tu as beau devenir végétarien, tu as beau consommer bio, local, zéro déchet, ne pas consommer dans la fast fashion, prendre ton vélo pour aller au boulot, acheter d’occasion, jeter tes fruits et légumes au compost BREF C’EST INUTILE TOUT CA PARCE QUE TU PRENDS L’AVION AUSSI TU COMPRENDS. (Oui je m’emporte.)

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Nous sommes tous incohérents

A l’inverse on pourra aussi reprocher à quelqu’un qui ne prend jamais l’avion de consommer des bouteilles en plastique, de prendre sa voiture et de manger macdo. Et peut-être que le bilan carbone de ces deux personnes est le même au final !

Et là clairement je suis peut-être la personne à blâmer quand je fais la remarque à quelqu’un qui consomme de la fast fashion, quelqu’un qui consomme Coca, Macdo ou Starbuck. Mais le but de ma démarche n’est pas de pointer du doigt le fait que la personne qui le fait a tord, je souhaite ouvrir le débat pour que tout le monde se rende compte qu’effectivement il faut changer ses habitudes ! Et après chacun fait selon ses envies et ses capacités, si quelqu’un n’arrive pas à se défaire de son macdo quotidien entre potes ce n’est pas bien grave si à côté cette personne décide de ne plus prendre l’avion. Moi c’est l’inverse, j’aime voyager, c’est une passion, j’aime découvrir le monde mais je n’ai pas la possibilité encore de prendre exclusivement le train (et même le train ce n’est pas parfait, rien n’est parfait !) Le fait est que JE SAIS à quel point ce n’est pas bien JE SAIS à quel point c’est polluant. Et peut-être que mon déni vis-à-vis de cette habitude que j’ai trop encore est liée au fait que je ne suis pas encore dans une démarche écologique ultime, et je ne le serais probablement jamais car encore une fois ce n’est pas possible. J’aurais beau tout essayer il y a aura toujours quelque chose d’imparfait. J’ai déjà réussi à obtenir un emploi qui me permet de toucher quelque peu à la question environnementale dans la vie de tous les jours, mais le fait est que ce travail nécessite que je voyage minimum deux fois par an en avion. Donc rien que pour ça, c’est loupé.

Je vis actuellement à Bruxelles donc près de la France, mais à terme je vais partir plus loin c’est sûr, je souhaite rester en Europe pour avoir la possibilité de prendre le train mais je serais surement amenée à prendre l’avion quand même ! J’ai beaucoup d’amis à l’étranger, je ne suis actuellement pas capable (et surtout les conditions ne sont pas en place) de prendre le train à chaque fois que je veux voyager tout en ayant un 35h.

Bref, j’ai pris mon exemple mais il y en a tant d’autre.

On ne peut pas tout bien faire, l’important est d’avoir conscience des problèmes, et d’agir en conséquence avec les cartes que l’on a en main. Si vous habitez à la campagne vous ne pouvez pas vous passer de la voiture, mais vous pouvez consommer mieux, près des producteurs par exemple. Le plus important est de faire des efforts, et que ces derniers vous apportent une forme de satisfaction, car la frustration n’amène rien de bon (ça vaudrait un autre article complet ça aussi) et ce n’est pas ce que véhicule l’écologie. On parle de sérénité, de respect de la nature, du respect du vivant. On parle de mieux vivre ensemble de manière générale, d’être dans le partage et l’entraide, et non dans une forme d’esclavage vis à vis des grandes multinationales qui gouvernent (presque) le monde. Alors certes la situation actuelle a de quoi faire peur et il y a de quoi être déprimé. Mais personnellement je suis beaucoup plus épanouie dans mon mode de vie actuel plutôt que dans le précédent qui se voulait totalement aliénant.

Encore une fois le sujet est complexe. Beaucoup d’écologistes radicaux (rien de péjoratif dans ce terme) pensent que les petits gestes ne sont pas suffisants. Moi je pense que tant que les conditions ne seront pas plus adéquates pour opérer un changement radical personne ne sera en mesure d’avoir un mode vie parfaitement en adéquation avec l’urgence en vigueur. Et pour cela il nous faut l’aide des politiques et des entreprises. Notre consommation a un impact significatif car il guide ces derniers, mais pour autant ce n’est pas une solution dans l’absolu, car ce n’est malheureusement pas nous qui avons le pouvoir, ce sont eux (à grande échelle du moins) et tant qu’ils n’auront pas décider de changer, il ne se passera rien.

(Enfin si, ce sera foutu).

Breeef si tu es arrivé jusque là bravo parce que ce fut bien long. Je te conseille un podcast sur le sujet et une série si ça t’intéresse :

Crédit BD: Le talentueux Marc Dubuisson qu’il faut absolument suivre sur les reseaux sociaux!

Auteur :

Un melting pot de beauté naturelle, de lectures, d'écologie, de féminisme, de bonnes adresses et de reflexions!

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