Publié dans Environnement, Réflexions

La charge mentale écologique

Outre le fait incontestable que cette charge est souvent exclusivement féminine, je constate que c’est une charge qui peut me pourrir une journée et le mental au quotidien lorsque je suis dans l’incapacité de vivre le mode de vie que je me suis imposé.

Avoir un mode de vie écologique au quotidien nécessite du temps, un espace mentale libre qui nous permette de planifier les diverses courses zéro déchet, les diverses manières de réutiliser les déchets, qu’ils soient textiles, alimentaires, électroniques et j’en passe.

J’ai actuellement un rythme de vie et des conditions qui me permettent d’avoir un impact moindre sur ce monde. J’ai des magasins en vrac autour de chez moi, je peux consommer bio et local à un prix raisonnable, je peux me déplacer exclusivement à vélo ou en transport en commun. C’est un mode de vie qui me satisfait, je trouve ça gratifiant de n’utiliser exclusivement que des produits bio sur ma peau, dans mon corps, de n’acheter qu’en seconde main exclusivement, de lire des livres que j’ai emprunté aux copines, à mes parents ou encore que j’ai acheté d’occasion.

Mais lorsque je n’arrive pas à remplir tous ces critères que j’arrive si bien à respecter au quotidien, c’est le drame. Et ça ne devrait pas, car quand on y pense ce n’est pas ça qui va transformer le monde. Et surtout, parfois, ce n’est pas de mon ressort.

Lorsque je prend l’avion pour aller voir ma famille car j’habite loin d’eux, je culpabilise. Mais en même temps, c’est le moyen le plus économique que j’ai de voyager, et le plus rapide. Et ce n’est pas normal. Mais est-ce de mon ressort vraiment? Que ma famille habite aux 4 coins de l’Europe ? Je ne pense pas. Il faudrait que je choisisse de vivre soit près de mes parents, dans un trou paumé à l’autre bout de la France ou rien ne m’attend, soit près de mon grand père en fin de vie, qui est une personne à risque en ce moment. J’ai choisi de vivre près de la personne que j’aime, pas dans un pays que j’ai choisi mais pour mon bien être mental, car autrement je serais malheureuse sans mon homme.

Lorsque je suis en vacances et que je génère des déchets c’est le drame. Pourtant je n’ai pas les conditions réunis pour ne pas en produire autant, je devrais me contenter de me dire que c’est ok pour une fois, mais je n’y arrive pas.

Dernier drame en date: je vais au restaurant, comme souvent je ne finis pas mon assiette, et je demande à emporter les restes. On me ramène une partie de mon assiette seulement, sur emballé dans de l’aluminium. Je n’ai ni éviter un gaspillage alimentaire ni un déchet puisque j’ai généré les deux. Quelle est la solution? Accepter mentalement ce gaspillage ou forcer mon corps à manger ? Je ne sais pas. Ça ne devrait pas me bouffer autant, mais je n’y peux rien, je culpabilise.

Des exemples de ce type il y en a bien d’autres. Ils sont quotidiens depuis que j’ai décidé de changer de mode de vie. J’essaye de ne pas me morfondre face aux déchets que le monde produit autour de moi tous les jours car sinon je n’en finirais pas de déprimer. Mais lorsque c’est moi qui génère ces déchets ou que j’aurais pu les éviter mais que ça ne se passe pas comme je voudrais ça me rend dingue. Ça ne devrait pas, c’est une énergie négative dont je n’ai pas besoin.

Comment faire alors ? Pour se sentir écolo mais ne pas déprimer au quotidien ? Combien l’avenir de la planète importe lorsque notre santé mentale y passe? J’exagère évidemment mais c’est une vraie question. Comment concilier une vie épanouie et cette frustration quotidienne de ne jamais faire assez bien? Sans parler de ces personnes qui nous rappelle aussi notre inconstance au quotidien.

C’est un travail à faire sur soi j’imagine, accepter que tout ne peut pas se passer comme on voudrait, malgré toute la bonne volonté que l’on y met. Si notre santé mentale est atteinte ces choses là se doivent de passer au second plan.

Je sais qu’un mode de vie moins consommateur est énergivore passe par une perte de confort. Mais j’ai l’impression parfois que ce que j’ai à perdre est vraiment gros. Je ne peux pas supporter l’idée de ne plus voir mes amis ou ma famille pour sauver la planète. Pourquoi dois-je me démener moi plus que les autres ? Pourquoi ne puis-je pas continuer à être insouciante?

Je suis toujours persuadée que ce mode de vie est le plus juste et celui auquel tout le monde devrait aspirer. Mais je sais aussi à quel point il est difficile de l’appliquer au quotidien. On ne peut pas tout faire, c’est frustrant, mais c’est comme ça.

L’écologie c’est un truc de privilégié, c’est un mode de vie à adopter pour les gens qui ont trop pollué et qu’ils le savent. Alors oui les classes populaires vont au macdo, oui les classes populaires consomment de la fast fashion, mais voyagent-elles autant que moi ? Ont-elles la possibilité d’aller loger lorsqu’elles le veulent dans 4 pays différents? Je ne pense pas.

Cette charge mentale est certes épuisante parfois, mais ça reste un privilège de pouvoir se préoccuper de la planète et non de sa survie (Meme si les deux sont liés vous allez me dire).

Cet article est un vide sac, je n’ai pas la prétention de dire que l’écologie est un problème de gens riches, aisés qui ont le temps d’y penser. Car même si je pense que pas assez de personnes parmi les classes aisés s’en préoccupe, je ne peux pas demander à tout le monde (et par tout le monde j’entend les classes populaires et moyennes et pas les classes aisés) d’avoir le même mode de vie que moi. La plupart des gens n’ont pas l’espace mental pour ça, et surtout, ils ont peu de marges de manoeuvre.

Un monde plus vert, plus écologique se fera avec des lois, avec des états qui imposent des directives, avec des entreprises qui produisent mieux, qui payent des humains décemment.

J’essaye de ne plus participer à cette grande mascarade de multinationales ou de pesticides à tout va. Mais je ne peux pas blâmer les gens qui sont encore bloqués dans ce schéma.

Ils n’ont pas choisi de ne manger que de la merde ou de s’habiller avec de la mode jetable. Tout ça fut lentement orchestré par ce grand connard de capitalisme. Et pour ça je ne finirais jamais de le haïr.

Je n’ai pas vraiment de mot de la fin, j’aspire toujours à être écolo et j’invite toujours tout le monde à le devenir. Mais n’oubliez pas de prendre soin de vous et d’être heureux, car sans ça le changement sera bien trop brutal ou bien ne se fera pas.

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Pour aller plus loin dans ces reflexions je vous conseille cet article du blog TakeItGreen qui date de deux ans mais dont les informations sont toujours aussi actuelles selon moi. Je vous conseille également son compte instagram évidemment que j’aime beaucoup suivre au quotidien.

Pour aller plus loin dans la charge mentale écologique qui incombe aux femmes je vous conseille cette video de Coline qui résume parfaitement la problématique selon moi.

Auteur :

Un melting pot de beauté naturelle, de lectures, d'écologie, de féminisme, de bonnes adresses et de reflexions!

4 commentaires sur « La charge mentale écologique »

  1. Oui, ma fifille, ce sont des questions philosophiques et existentielles de notre époque bouleversée. Ceux qui ont une conscience écologique portent de lourdes charges mentales. Moi je suis dans une fatigue mentale et un dégoût de beaucoup de choses, après avoir milité, j’ai l’impression qu’on est revenu en arrière dans beaucoup de choses au niveau environnementale…Mais on dirait que la nature se défend, et par le Covid on est obligé de s’arrêter pour un long moment. J’ai la certitude que les changements nécessaires adviendront, mais il faut du temps, peut-être des années, avec beaucoup de destructions de l’ancien monde…Il faut garder le cap de l’espoir!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Mum pour ce commentaire plein de sagesse 😀 Tu es ma première inspiration écolo j’ai de la chance !! Et je suis d’accord il faut garder espoir 🙂

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